Une jeune femme était allongée sur un lit d'hôpital; des câbles étaient reliés à ses bras et à sa poitrine. Ses grands yeux gris regardaient dans le vide ,en essayant d'oublier la douleur et ses boucles blondes retombaient négligemment sur ses oreilles.
Une autre jeune femme se tenait sur le pas de la porte, elle, était brune et ses yeux étaient verts. Elle essayait de ne pas trop s'impregner de l'ambiance trop blanche et de l'odeur de seringue qui règnent dans la trop immaculée pièce où elle s'apprête à entrer. Elle regarda sa soeur et esquissa un sourire en espérant que celui-ci suffira à masquer l'inquiétude et la tristesse qui s'étaient emparé de son regard.
Elle s'approcha doucement de la jeune femme blonde et s'allonga près d'elle en lui prenant la main. Sa soeur aurait voulu lui caresser les cheveux, lui dire à quel point elle tenait à elle, mais elle en était incapable, son cerveau ne lui obéissait plus; alors elle se contenta de tourner les yeux vers sa petite soeur en espérant qu'à travers son regard, elle comprendrait qu'elle était désolée et qu'elle aurait voulu que les choses se passent autrement. Elle comprit au sourire de sa soeur que ses excuses étaient inutiles et qu'elle la pardonnait.
Alors elle ferma les yeux et se laissa sombrer dans un sommeil profond.
Lorsque la jeune femme brune se réveilla le lendemain matin, un sourire se dessina sur ses lèvres en sentant un soleil sucré lui caresser le visage. Elle se tourna instinctivement vers sa soeur. Son poul s'accéléra et ses grans yeux verts s'emplirent de panique; sa soeur était
tellement pâle qu'elle cru un instant voir à travers elle. Alors elle l'appela tout doucement en souhaitant de tout coeur qu'elle se faisait idées et que sa soeur allait ouvrir les yeux. Son voeux se réalis enfin et elle laissa les larmes de panique couler sur ses joues en souriant de soulagement. Sa soeur se tourna vers elle, sa paralysie s'était apparamment envolée durant la nuit, et lui adressa un sourire rassurant.
Puis elle ferma les yeux et son visage perdit toute expression. Un long bip sonore retentit dans la pièce. La jeune fille aux yeux émeraudes ne comprenait plus rien. Des infirmières en blouse blanche accoururent dans la pièce accompagnée d'un médecin qui l'obligea à sortir de la pièce. Elle recommença à pleurer et à crier, seule dans un couloir lugubre et dénuer de vie. Le médecin sortit enfin et s'approcha de la jeune fille, le regard vide.
[...]
C'est fait. La dernière pelletée de terre vient de recouvrir entièrement la tombe. La tombe
qui emprisonne ma soeur et qui met officiellement fin à ses jours. Les larmes coulent
inexorablement le long de mes joues, comme un réflexe de l'organisme lorsqu'on se blesse prez du nez.
Tout le monde est habillé et tient courageusement un parapluie assorti dans la main qui n'est pas
déjà occupée par un mouchoir, mais pas moi. Moi je sais que ma soeur déteste, ou plutôt devrais-je dire détestait
le noir et adorait la pluie. Tout comme moi. C'est pourquoi je porte la robe rouge qu'elle m'a offerte pour mon 18ème
anniversaire, l'année dernière, et que je laisse la pluie masquer mes larmes.
Je m'appelle Ellie Parkman, j'ai 19 ans, je suis en 2ème année à la FAC de psycho de Portland, je vis sur le campus, j'ai une meilleure
amie, Jordan Atwood, une bourse de mérite, mon permis, pas d'argent, pas de petit-ami (pourtant c'est pas les occasions qui manquent)
et je viens de perdre ma soeur.
Je n'ai officiellement plus de famille, si on ne compte pas mes neveux. Ils sont orphelins et je ne sais pas encore ce qu'ils vont devenir.
Tout le monde commence à partir. Je m'avance vers la tombe et y dépose une capucine, sa fleur préférée. Notre fleur préférée.
Je reste là à la regarder quelques minutes puis je me dirige vers ma voiture; je me glisse à l'intérieur et je mets le contact. Je pose la
tête sur le volant et souffle bruyamment anvant de démarrer. Je ne regarde pas vraiment la route et c'est sûrement pour ça que je manque de peu le carambolage à deux reprises. Ma soeur, elle, n'a pas eu cette chance.
Enfin arrivée chez moi ! 'Fin dans ma chambre quoi.
A peine le temps de jeter mon sac et mes clés sur le canapé que mon portable sonne. Je retourne lassement vers mon sac et fouille violemment
à l'intérieur dans l'espoir de trouver mon portable.
Mais où est-ce-que j'l'ai foutu ?! Ah le voilà !
- Allô ?
- Lily c'est moi !
- Oh salut Jo' tout va bien ?
- Ouais mais c'est pour toi que je m'inquiète; tu tiens l'coup ?
- T'en fais pas pour moi Jo' ça va aller...
- T'es sûre ? Tu l'dis hein si t'as besoin de quelquechose j'suis là !
- Je sais poulette merci.
- Tu veux que j'vienne ?
- Euh ... Ouais j'veux bien !
- J'arrive dans 5 minutes !
- Okay à tout de suite !
Je raccroche. C'est vrai que j'ai bien besoin d'elle là, elle est plus efficace que le chocolat pour remonter le moral, et vous savez
aussi bien qu'moi que c'est pas peu dire.
Et voilà que mon portable sonne de nouveau, heureusement que j'l'ai gardé dans la main !
- Allô Jo' qu'est-ce-que t'as oublié ?
Ah ben c'est pas Jo' . Ooops = D